Ma tête est lourde, si lourde. C'est comme si on l'avait mise dans un étau qui se refermait au fur et à mesure. Je sens encore l'impact des crocs de laxo comme s'il était toujours en train d'absorber le moindre centilitre de mon sang. J'aimerais lever mes bras afin de sentir la bosse des cicatrices sous mes doigts et voir l'ampleur des dégats mais je n'ai pas assez de force pour bouger. Mes yeux restent désespérément clos et je reste plongé dans les ténèbres. Je sens le froid de la pierre se répandre dans tout mon corps. Mais je n'ai pas froid. Cela provoque en moi une simple sensation de désagréable. J'ouvre la bouche et tente de parler mais le seul son qui en sort n'est qu'un grognement bien vite étouffé par une quinte de toux qui me fait recraché un liquide visqueux.
FIN POV BILL
-hmmm..hmmmm..hmmmm
-On se réveille jeune homme ? N'essaie pas de bouger, tu risques d'interférer dans l'évolution de ton organisme.
Le vieillard fit quelques pas vers le corps du brun et se posta à ses côtés. D'un claquement de doigt, les lampes torches s'illuminèrent sur les parois de la pièce. Sur chaque mur une flamme dansait, tentant désespèrement de diffuser sa chaleur. Mais c'était inutile dans la mesure où les créatures qui absorbaient cette chaleur n'en sentaient pas les effets.
Bill restait immobile sur la pierre, comme mort. Son visage avait pris cette teinte livide commune au vampire mais ses sens n'en restaient pas moins ceux d'un humain. L'androgyne avait du mal à comprendre les paroles de l'homme qui lui tenait compagnie. Sa voix lui paraissait tantôt n'être qu'un murmure inaudible, tantôt résonnait comme dans un stade vide.
-Je sais, je sais. Tu ne comprends pas tout ce que je te dis. Tu risques d'avoir du mal à tout assimiler au début. Devenir Vampire ne se fait pas en un jour. Mais je suppose que Mon petit fils ne t'a rien dit là-dessus.
Le vampire se mit à marcher de long en large. Le bruit de ses pas s'amplifiéaitdès l'instant où il passait la barrière de l'oreille de l'androgyne.
-Stop..souffla Bill
-Ha... Je vois que vous arrivez à parler maintenant. Vous avez beaucoup de choses à découvrir jeune homme.
-..soif!
-Oui, je m'en doutais. Je l'avais senti.
Le vieillard se retourna et sortit de la pièce sans un mot, sans même indiquer au brun l'endroit où il se trouvait. Il le laissa seul sans aucune explication. Il était seul dans son ignorance.
Dans un effort surhumain, Bill ouvrit péniblement les paupières. Le monde lui apparu sombre et flou. Sa vue tremblait tellement qu'il n'arrivait pas à distinguer la forme des choses. Chaque lueur lui brûlait la rétine. Et même les yeux clos, c'était comme si le feu s'était emparé de ses yeux et le consumait de l'intérieur. Ses poumons avaient du mal à se soulever presque comme si une force invisible les lui compressait. Cette même force qui plaquait son corps entier sur la roche poli.
Ses yeux maintenant bien ouverts, il observait chaque endroit que sa vision lui donnait à voir. Son regard tourna encore et encore. Il fixait le moindre centimètre de plafond si bien que même les yeux clos, il pouvait encore voir se dessinait chaque impureté de la pierre, chaque crevasse. Des odeurs inconnues lui parvinrent. Celle du bois brûlant réduit en cendre, celle de la pierre portant ses membres, celle de la chaleur émanant des torches. Toutes ces odeurs qu'il n'avait jamais pris le temps de sentir. A vrai dire, il n'avait jamais pris le temps de rien. Il avait toujours courut pour chaque chose qu'il faisait. Toutes sans exceptions.
Le silence régnait en maître comme si Bill restait juste une créature à sa merci, une épine plantée dans la paume de sa main, un corps sans grande importance que ce silence si pesant pourrait écraser d'un coup de main, d'un pas mal placé ou bien encore d'un mot trop blessant. Au milieu de cette atmosphère tendu, des pas claudiquant résonnèrent sur les dalles froides du sol. L'homme était entré dans la pièce mais restait terré dans un coin hors de vue. Les yeux de Bill, seule preuve de sa réactivité, s'agitèrent à la recherche de la créature. Mais aucun signe d'elle. Le brun commençait à s'affoler. De toute sa force, il aurait voulu bouger, ne serait-ce que remué un doigt. Mais en vain, son corps restait désespérément cloué à la pierre.
-Respire cette odeur Bill.
La voix de Laxo s'éleva dans toute la pièce en un écho assourdissant. Sa présence rassura le brun et celui-ci se détendit quelque peu. Il ferma les yeux et humât l'air sec de la pièce. Les odeurs aussi distinctes qu'elles purent l'être quelques minutes plutôt semblèrent se confondre et les parfums qui les rendaient si différentes devinrent soudain identiques. Au plus Bill se concentrait, au moins les odeurs ne lui parraissaient différentes.
-Oui, je sais. Ca se ressemble Bill, continue encore. Quand chaque parfum se sera distillé de l'air, tu sentiras l'odeur du plus précieux élixir emplir la pièce.
L'androgyne ouvrit les yeux et sembla anxieux quelques secondes
"Je n'y arrive pas...Je ne vais pas y arriver" pensa-t-il.
-N'abandonne pas Bill, tu y es presque.
Dans un dernier effort, le brun ferma les yeux et inspira une bonne dose d'oxygène. L'air passa ses narines laissant là les premières gouttes d'arôme. Elle glissa dans son corps jusque ses poumons où la précieuse odeur tapissa ses tissus et infiltra son sang. Son coeur se gonfla et envoya dans ses veines un sang brûlant de parfum. Il l'avait sentit pour la première fois dans son corps, cette odeur métallique qui lui avait enveloppé son coeur et le pressait maintenant à une vitesse affolante. Une demi-seconde, c'était le temps pour qu'il réagisse à cet arôme. D'un geste, son buste fut comme tiré par une corde invisible et il se retrouva assis, en pleine possession de ses moyens.
-Tu aimes ça, n'est-ce pas?
Le brun hocha timidement, presque honteux d'avoir cette attirance envers l'odeur qu'émanait du liquide chaud. Le verre que tenait Laxo entre ses mains semblait fasciner le jeune garçon. Son regard livide repris sa teinte noisette éclatante lorsqu'il plongea ses deux pupilles dans le rouge contenu dans le récipient.
-Viens Bill ! approche..
En premier lieu, le garçon resta immobile, semblant se noyer dans la contemplation de l'eau à la couleur rougeâtre. Puis, comme sortant de sa léthargie, il se laissa glissé sur ses deux pieds. A l'instant même où ces derniers touchèrent le sol, il se sentit tomber. Chaque pas vers le vampire arrachait quelque chose en lui, quelque chose qu'il avait pourtant toujours eu en lui. On nait préparé à ce qu'on vivra par la suite, c'est ce que lui avait un jour dit Laxo. On naît vampire, on ne le devient pas. Pourtant Bill en devenait un non?
Sa main vissée sur la poitrine, le brun esquissait une grimace de douleur à chaque mouvement de jambes. Sept pas et il se trouvait le visage placé au-dessus des volutes parfumées du liquide.
-Bois Bill!
Le verre s'avança vers les mains de l'androgyne mais avant qu'il n'ait pu entrer en contact avec sa peau encore brûlante de son ancienne vie, Laxo desserra ses doigts du bocal et le laissa s'écraser sur les dalles du sol. Les yeux de Bill s'empourprèrent à mesure que le sang se répandait sur la pierre. Le vampire se contenta de laisser échapper un rire sordide. Il posa une main gelée sur l'épaule du jeune homme qui, comme quelques heures auparavant, fléchis sur ses jambes.
-Bon appétit Billou !
Et il s'éloigna de lui, riant à plein poumon. Son rire résonna encore dans la pièce pendant quelques minutes ou peut-être était-ce seulement dans la tête du brun. Son sang s'affolait toujours en lui, réclamant sans cesse d'absorber l'odeur si envoutante, de s'imprégner de l'arôme à n'importe quel prix. L'idée de laper le liquide a même le sol l'avait répugné un instant mais l'envie se faisait bien trop forte pour pouvoir y résister. Le brun se laissa tomber à genoux. Il posa ses mains de part et d'autre de la flaque et se pencha. Ses longs cheveux noirs furent les premiers a effleuré le liquide. Les pointes prirent une teinte rougeâtre et lentement la couleur se propagea, remontant toute sa chevelure comme si elle y était aspirée. Et c'était bien cela qui se passait. Ses cheveux eux-même attisés par l'envie, aspiraient le liquide jusque dans leur racine si bien que chaque mèche était maintenant teintée de pourpre. De légers cercles remuaient le sang alors qu'une décharge électrique agita le corps du brun et l'obligea à fermer les yeux. L'odeur l'envoûtait. Il se sentait porter comme si des ailes avaient soudain poussé dans son dos. Ses yeux même clos, reflétaient encore le rouge qui maculait le sol. Lorsqu'il les rouvrit, ses pupilles ne dessinaient plus qu'un rond noir imparfait. Son visage s'approcha de l'élixir de vie. Chaque souffle percutait le liquide et lui revenait chargé de particule de parfum. C'était comme une bulle qui se formait autour de son visage. L'arôme s'immiscer dans chaque pore de sa peau et faisait maintenant parti de lui. Enfin, dans un dernier mouvement, sa bouche se posa à la surface de la flaque. Les bruits s'évanouirent un à un et la voix de laxo qui résonnait encore, se tue. Le jeune homme se mit à avaler goulument le liquide, gorgée après gorgée. Le volume de la flaque diminuait rapidement dévoilant peu à peu les bouts de verre de l'ancien bocal. Le liquide s'échappait, s'insinuant en lui. Il disparaissait bien trop vite au goût de l'androgyne dont les yeux brillaient toujours d'une lueur trahissait son envie. Son coeur avait cessé de battre dès lors que la première goutte de sang était venu lui chatouiller le palet. Il s'était arrêté pour ne pas venir déranger par ses battements incessant, le soulagement d'un tel festin. Le sang affluait dans la bouche de l'androgyne, la réchauffant, la brûlant presque mais c'était comme si rien ne passait la barrière de sa bouche. Il n'éprouvait pas la sensation d'un liquide coulant agréablement le long de sa gorge. Non, c'était comme si sa langue imprimer le liquide en son coeur, comme s'il n'avait juste besoin que d'un contact pour en être remplis.
Enfin, la dernière gorgée disparue du sol, lapée dans une aspiration bruyante du brun. La dalle blanche se reflétait dans le regard de celui-ci et une autre décharge électrique l'agita. Son coeur redémarra ses battements réguliers et le garçon passa sa langue sur ses lèvres au goût maintenant métallique. Il n'avait pas remarqué tous ces changements en lui pourtant si flagrant. Non, il avait juste été omnibulé par le liquide, par son goût et les sensations que ça provoquait en lui.
Les différentes odeurs se séparèrent à nouveau et remplirent la pièce comme elles le faisaient déjà sept minutes plutôt. Un courant d'air fit danser dangereusement les flammes sur le mur. Le sang d'un autre être vivant coulait maintenant en lui. Il était désormais la combinaison de deux êtres. Après avoir partagé une partie de lui, Bill était devenu la partie vivante de quelqu'un d'autre.
Il lui restait tant à savoir. Il ignorait tellement de choses. Des choses dont il n'aurait jamais osé penser, dont il n'aurait jamais pensé qu'elle puisse exister.
Le brun se releva, la bouche encore brûlante de sang, avide de nouvelles sensations telles que celle là. Sa tête se mit à tourner et un bruit assourdissant envahit son esprit, chassant toutes ses pensées. Le monde vacilla autour de lui et il tomba lourdement au sol, enfonçant en son sein même les morceaux de verre cassés.
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Bonsoir^^
D'abord Merci beaucoup pour vos commentaires, c'est toujours un plaisir de les lire
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Bonne soirée à toutes
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Réponse aux commentaires :
rosa-choups : Oui, Tom va réapparaitre dans la fic. C'est un peu compliqué.. Il sera vraiment là à la fin mais sinon, il sera un peu fantomatique on va dire^^ [ j'avais envie de dire ça..et j'avais pas envie de tout dévoiler. Et ne pas comprendre que Tom sera un fantôme hein, spa ça^^]